Agenda Programme

P•MATRIMOINE•S ★ RÉTROSPECTIVE • MAURICE PIALAT

Bande annonce

Rétro Pialat

Date de l’événement

Du mercredi 22 septembre 2021 au mardi 30 novembre 2021

Description

P•MATRIMOINE•S ★
RÉTROSPECTIVE • MAURICE PIALAT

« Radical et populaire, un cinéma sculpté au couteau dans la matière même de la vie » Les Inrocks

Maurice Pialat demeure, encore aujourd’hui, le cinéaste qui a, et de loin, le plus influencé les générations de cinéastes et de comédien.ne.s français.e.s qui l’ont suivi. Nombreux.ses le considèrent comme le plus grand réalisateur français post-Nouvelle Vague. Étonnamment, aucun de ses films n’avait jamais bénéficié d’une ressortie en salle. La restauration de ses 10 longs-métrages au cours de la dernière décennie permet enfin de proposer sur grand écran une rétrospective intégrale. Lancée en juin au Festival de La Rochelle, elle se compose de 2 cycles ainsi que du magnifique Van Gogh qui fête son 30e anniversaire.

À partir du 22 septembre 2021 et pour un long programme filé tout l’automne et rythmé de rencontres, le Café des images vous propose de redécouvrir avec un œil neuf une œuvre débordante de vie, de colère et d’amour, avec Gérard Depardieu, Isabelle Huppert, Sophie Marceau, Sandrine Bonnaire, Jean Yanne, Marlène Jobert, Guy Marchand et tant d’autres dans leurs plus beaux rôles.

LES FILMS AU CAFÉ DES IMAGES

★ L’ENFANCE NUE • France • 1968 • 1h23
Mostra de Venise 1968 • Prix Jean Vigo 1969
« (…) Je suis marquée par la façon dont Pialat “prend” les scènes là où les autres cinéastes les “laissent”, c’est-à-dire qu’il prend la scène à son acmé et la poursuit encore plus loin. Puis, il colle ces scènes les unes aux autres sans temps mort, c’est de la dynamite, un bloc d’énergie qui ne verse pas dans la psychologie, ça leur confère une émotion violente et sèche. » Catherine Corsini

★ NOUS NE VIEILLIRONS PAS ENSEMBLE • France • 1972 • 1h46
Festival Cannes 1972 • Prix d’interprétation masculine
« Nous ne vieillirons pas ensemble est l’histoire “d’amour” (ou ce qu’on a coutume d’appeler ainsi) la plus perverse que j’ai pu voir. Pour moi, il mérite plutôt d’être classé comme film d’horreur, un film d’horreur magnifique qui met l’idéalisation de l’amour à l’épreuve de sa mise en pratique. (…) C’est tout simplement sublime. Renversant. Brut. Obsessionnel. Du cinéma. » Josh Safdie

★ À NOS AMOURS • France • 1983 • 1h42
Prix Louis Delluc 1983
César 1984 • Meilleur Film & Meilleur espoir féminin

« J’y reviens à chaque fois que je fais un film. C’est une obsession. Je regarde les scènes, les cadres… Il y a quelque chose dans ce film qui ne cesse de me fasciner et me stimuler parce qu’il est tellement vivant et cependant extrêmement construit. Chez Pialat, il y a toujours
cet intérêt suscité par ce qui est hors cadre. Le point de vue adopté décentre sans cesse notre attention des personnages. Nous sommes toujours à l’affût de quelque chose, chez eux, qui crée une intimité extraordinaire. » Ira Sachs

★ POLICE • France • 1985 • 1h53
Mostra de Venise 1985 • Prix d’interprétation masculine
« Je n’ai pourtant pas passé beaucoup de temps à étudier les flics, je n’ai pas vraiment fait de recherches. Comme nous étions quatre scénaristes, après plusieurs mois de travail, nous avons finalement choisi une histoire très simple, à moitié originale, à moitié inspirée de faits divers très ordinaires. (…) Quelqu’un me disait que c’était une histoire inintéressante car elle tiendrait en quelques lignes à la cinquième page d’un journal. Mais je ne pense pas que les histoires spectaculaires avec des personnages schématiques fournissent forcément les meilleurs scénarios. » Maurice Pialat

★ LE GARÇU • France • 1995 • 1h43
« Le Garçu est un film passionnant, palpitant même, car dans un microcosme comme une petite chambre il peut se passer une multitude de péripéties romanesques. Quand je le regarde, je ne sais pas si c’est un portrait de Depardieu filmé par Pialat ou un portrait de Pialat joué par Depardieu. C’est un modèle de transfert, ils arrivent à créer une symbiose de leur deux vies pour ne faire qu’un personnage. C’est un film qui donne envie de vivre. » Louis Garrel

 

 

LE MAÎTRE • MAURICE PIALAT
Maurice Pialat naît à Cunlhat, en Auvergne, le 31 août 1925. Suite à la ruine de son père, marchand de bois, vin et charbon, il est essentiellement élevé par sa grand-mère. Aspirant au métier de peintre, il suit des cours d’architecture puis de peinture à l’École nationale supérieure des arts décoratifs pendant la Seconde Guerre mondiale. À la Libération, il renonce à la peinture et vit de petits boulots. Dans les années 1950, il achète une caméra et réalise quelques courts métrages amateurs avant d’être remarqué par le producteur Pierre Braunberger qui produit son premier court métrage professionnel, L’Amour existe en 1960 puis Janine en 1962. Ce n’est que tardivement, à 43 ans, qu’il réalise son premier long métrage, L’Enfance nue, qui remporte le prix Jean Vigo en 1968.

Ces premiers films à petit budget annoncent ce que sera le « style Pialat » :
• des personnages gouailleurs et tiraillés par leur amour (
Nous ne vieillirons pas ensemble, À nos amours),
• une mise en scène brute et réaliste proche du documentaire (
PoliceLoulou), des distributions composées en partie d’acteurs amateurs (La Gueule ouvertePasse ton bac d’abord)
• mais aussi un certain rapport à l’art (
Van Gogh) et à la foi (Sous le soleil de Satan).