35 ans du Café des Images avec Alain Guiraudie (Cinéaste)
Date de l’événement
Dimanche 6 avril 2014
Description
Intervention au colloque « Pour vous, qu’est-ce que le cinéma? » – 35 ans du Café des Images
« J’ai longtemps adhéré à la doxa selon laquelle il faut aimer ses personnages », déclare Alain Guiraudie. Mais avec Todd Solondz, il s’est aperçu que l’on pouvait dire quelque chose en étant très cruel avec ses personnages. Le propos du film est assez diffus : un Œdipe tordu par l’intermédiaire du chien, une vision très singulière de la famille. Ce qu’il aime dans Happiness c’est le glamour perverti de l’intérieur par le jeu sur le vrai et le faux dans la direction d’acteur.
Il y a un brassage entre l’idéal et ce qu’on a, dans cet aller et retour entre le rêve et le quotidien, même si le réel l’emporte toujours à la fin. Bresson déclarait que le film est tué une première fois sur le papier, revit au tournage, est tué sur la pellicule et revit au montage. C’est d’autant plus probable que chaque étape se vit différemment. L’écriture se vit en solitaire, le tournage est communautaire et le montage conjugal, en couple tout du moins.
Alain Guiraudie aime aller voir du côté des grandes histoires qui parlent à tout le monde. Jean Vilar déclarait qu’il faut donner aux gens ce dont ils ne savent pas encore qu’ils ont envie. Cet impératif s’applique à tous les arts sauf qu’au cinéma la projection en salle permet la communion du public. Ce vivre ensemble s’éprouve pour les films comiques mais aussi pour le thriller où l’on sent l’émotion partagée.
A la question « Est-ce que quelque chose peut davantage surgir si l’on est dans un territoire donné ? » Alain Guiraudie répond qu’on est toujours imprégné de ce que l’on connaît mais que partir au Larzac, s’était aussi partir explorer un territoire inconnu associé à des légendes, ici à des luttes. L’inconnu du lac, contrairement à d’autres de ses films, a été tourné ailleurs.