La Rencontre

Bande annonce

Fiche technique

De : Alain Cavalier

Avec : Alain Cavalier, Françoise Widhoff

Pays : France

Date de sortie : 1996

Durée : 1h15

Public : Tout public

Version : VF

Genre : Divers

Le Film

Un cinéaste rencontre une femme. Par petites touches, il filme avec sa caméra vidéo des moments de leur vie. Peu à peu, il se rend compte qu’il ne stocke pas des souvenirs mais qu’il construit un film. Il demande à la personne l’autorisation de continuer. Après un an de tournage, 75 minutes de vidéo montées sont prêtes…

Jeudi 31 mars à 20:30 : rencontre avec le réalisateur Alain Cavalier.

« Un petit caillou en forme de cœur trouvé sur la plage d’Etretat. Une feuille d’arbre d’un beige doré. Des clefs rassemblées par un porte-clefs qui émet un chant d’oiseau. Un insecte mort qu’on appelle rhinocéros. Deux montres échangées qui ne sont pas à la même heure… C’est un inventaire, oui. Un inventaire inventif, qui raconte une histoire d’amour. Un homme rencontre une femme. Cet homme est cinéaste. Alors il filme, jour après jour, avec une caméra vidéo, les objets qu’ils aiment, ensemble ou séparément. Gris-gris, talismans et souvenirs qui renvoient à des moments épars de leurs vies et qu’ils commentent en voix off. Importants, bien qu’en apparence anodins : souvent, on aime les gens pour des détails. D’ailleurs, l’homme filme aussi des détails de la femme, une oreille, un pied, la pointe d’un sein. Des morceaux d’elle. Essentiels et sensuels. Et peu à peu se dessine, par bribes, un journal intime à deux voix chuchotées. La Rencontre est une déclaration d’amour à une femme, mais aussi à la vie. La vie passe, des objets se cassent, une montre s’arrête, des oiseaux meurent, un chat s’éteint. Tout est voué à disparaître un jour. Mais ce n’est pas triste. C’est la vie. Et le miracle du cinéma, c’est de saisir les instants qui ne reviendront plus. De les saisir pour toujours. Un jour, l’homme, le cinéaste, décide de ramener un cadeau à la femme qu’il aime : il prend le train pour sa ville natale, où, enfant, on lui montrait le bleu d’un vitrail comme l’approche de la perfection. Et l’homme n’arrive pas à filmer le vitrail, il n’arrive pas à ramener son « bleu cadeau ». Alors, il filme sa chambre d’hôtel et son absence à elle. A la fois célébration et exorcisme, La Rencontre est aussi une réflexion de cinéaste. Peut-on saisir l’amour, filmer son évidence et sa force ? Voix off : « Mon père aurait dit : Couillon de la lune enfariné ! L’amour, impossible à filmer ? Mais c’est une couillonnade ! (…) Tu fais ton petit journal avec elle et puis tu filmes ce qui te touche et ce que tu aimes filmer. Et ce que tu filmes, c’est un peu comme l’amour de l’amour. Et qu’est-ce que tu en feras, bonhomme ? Et je lui réponds : je n’en sais rien, papa. » Il y a quelque chose d’improbable dans ce pari follement narcissique qui en fera hurler plus d’un. Mais Alain Cavalier est un cinéaste singulier, qui, depuis Thérèse et Libera me, tend vers l’épure. Dans La Rencontre, expérience étrange et envoûtante, chaque plan, dans sa rigueur dépouillée, stimule l’imaginaire du spectateur. Un bocal rempli de billes multicolores, ça peut n’être qu’une jolie image, joliment éclairée. Mais ça peut être aussi l’histoire de la petite fille qui a jeté ces billes dans un jardin, et l’histoire de la personne qui les a ramassées, jour après jour, et réunies dans ce bocal. Tout l’art de Cavalier est là : faire surgir les émotions derrière les choses. «  (Télérama)

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