35 ans du Café des Images avec Olivier Baudry (architecte)
Date de l’événement
Samedi 5 avril 2014
Description
Intervention au colloque « Pour vous, qu’est-ce que le cinéma? » – 35 ans du Café des Images
35 ans du Café des Images avec Olivier Baudry, architecte des grandes évolutions architecturales du Café des Images
La problématique que cherche à résoudre Olivier Baudry pour construire une salle de cinéma est de suggérer, dans un espace physique limité, un espace mental illimité. Si La rose pourpre du Caire avec son personnage qui sort de l’écran évoque cette problématique, c’est aussi le cas de Autant en emporte le vent (Alain Fleischer, 1979, 3′) où, en superposant deux images, celle du ventilateur produisant le vent et celle du visage de la jeune femme dont les cheveux sont agités par ce vent artificiel, on obtient dans une unique image un court-circuit entre l’effet et sa cause.
Le bâtiment du Café des images construit par Bias dans les années 1970 a pour lui l’atout de la sobriété mais manquait de visibilité, handicap majeur pour un bâtiment qui doit drainer le public.
Olivier Baudry s’inspire d’un de ses travaux antérieurs, le concours de l’Opéra Bastille pour lequel il a été primé. Le cahier des charges imposait une référence au rideau de Parade dessiné par Picasso. Olivier Baudry avait décidé d’inscrire sur les façades du bâtiment les figures simplifiées du dessin de Picasso. Ce qui était alors lisible c’était ainsi d’appeler, dès l’extérieur, à venir vérifier l’expression, les émotions et même les textures de l’opéra.
Le choix de l’étoile pour le Café des images répond au même impératif de procurer une icône qui pourra servir de support de communication. L’architecture extérieure fait écho à ce qui se passe à l’intérieur, lieu où sont vénérées les stars sur l’écran. L’écran au milieu de l’étoile sur la façade extérieure suggère que l’Etoile sort de l’écran, va de l’intérieur de la salle pour conquérir le public à l’extérieur.
Sur la façade côté rue, l’étoile est matérialisée par un néon bleu et le grand rectangle de l’écran qui est inclus laisse la place à six rectangles verticaux, supports des affiches du cinéma. C’est peut-être la dimension sacrée de l’art qui est mise en évidence, l’étoile pouvant aussi figurer la couronne d’épines et le six affiches être un équivalent aux six ailes des séraphins.
L’architecture intérieure est aussi fondamentale et Olivier Baudry pense à l’immersion du spectateur dans le spectacle qu’il suggère par les tissus à fleurs qui envahit fauteuils et murs de la salle comme un nid autour du spectateur.
Olivier Baudry prolongera ces expériences notamment au studio 43 de Dunkerque, à la cinémathèque française et au Ciné Manivel, cinéma associatif de cinq salles à Redon.
Pour la 3e salle du café des images, la contrainte était l’impossibilité de construire à côté du bâtiment existant, faute de place. L’unique solution était de surélever le bâtiment. La coupole évoque le globe oculaire avec le choix de mettre l’axe principal parallèle à celui de la rue où se construit alors le tram. L’idée du parcours est ainsi mise en valeur avec le trajet du spectateur au-delà de la salle de cinéma. Même idée de parcours pour raconter une histoire dans la déambulation intérieure qui conduit à la salle coupole.