Programmation 2019/2020

Premier trimestre

Alien, le huitième passager

De Ridley Scott
Etats-Unis/Grande Bretagne – 1979 – 1h56

Présentation du film

Le vaisseau commercial Nostromo et son équipage, sept hommes et femmes, rentrent sur Terre avec une importante cargaison de minerai. Mais lors d’un arrêt forcé sur une planète déserte, l’officier Kane se fait agresser par une forme de vie inconnue, une arachnide qui étouffe son visage.
Projection déformée, fantasmée et cauchemardée de la sexualité et de la maternité animale vue comme un parasitage, Alien excelle dans l’établissement d’une ambiance malsaine, suintante et vaporeuse. Ridley Scott déploie ici ses talents dans la création d’un univers clôt qui semble refermer ses doubles mâchoires d’acier sur ses occupants. Les couloirs du vaisseau se transforment via l’introduction d’un parasite en une sorte de jungle biomécanique où l’équipage se retrouve réduit à jouer le rôle d’un gibier impuissant malgré la maîtrise de la technologie. On ne compte plus les trouvailles de mise en scène afin de restituer une atmosphère incroyablement angoissante et où le spectateur, qu’il soit averti et amateur d’Alien ou non, sursaute à maintes reprises.
Nicolas Plaire, filmdeculte.com

Journée de formation

Date : mercredi 16 octobre au Café des Images le matin et à l’ESAM l’aorès-midi
Intervenante : Hélène Valmary, enseignante-chercheuse en esthétique du cinéma à l’Université de Caen

Ressources

CNC : dossier enseignant
LAAC Pays-de-Loire : dossier pédagogique
LAAC Franche-Comté : boîte à outils pédagogique
LAAC Auvergne Rhône-Alpes : textes et vidéos d’analyse
LAAC Hauts-de-France : textes et vidéos d’analyse
France Culture : analyse de la saga dans l’émission Mauvais genre avec Jean-Baptiste Thoret

Deuxième trimestre

Les Lumières de la ville

De Charles Chaplin
Etats-Unis – 1931 – 1h30

Présentation du film

Charlot vagabond vient en aide à une jeune fleuriste aveugle et se fait passer pour un homme riche. A force de travail il réunit assez d’argent pour que la jeune fille recouvre la vue.

S’il n’abuse pas d’effets de mise en scène, Chaplin n’en est pas moins un grand, dont chaque décision – de la position de la caméra au jeu d’acteur – a son importance dans l’équilibre du film. Au sommet de son art, adulé par une planète qui reconnaît en Charlot un des tout premiers mythes du cinéma, Chaplin conclut son travail titanesque sur une scène à l’image de son film : simple et dont on ne sait trop si les larmes qu’elle provoque sont de rire ou d’émotion. La marque des grands… saluée par Orson Welles qui n’avait de cesse de répéter que Les Lumières de la Ville était le plus beau film de tous les temps. On connaît le sens de l’exagération du grand Orson, mais là, promis, vous pouvez le croire sur parole !
Xavier Jamet, DVDCLASSiK

Journée de formation

Date : jeudi 28 novembre au Café des Images le matin et à l’ESAM l’aorès-midi
Intervenant : Youri Deschamps, conférencier et rédacteur en chef de la revue Eclipses

Ressources

CNC : dossier enseignant
Upopi : vidéo d’analyse

Troisième trimestre : court-métrage en avant-programme

Kali le petit vampire

De Regina Pessoa
France – 2012 – 9 mn

Présentation du film

Kali est un Vampire, il vit dans l’ombre. Il rêve d’avoir une place au soleil. Mais c’est dans le noir qu’il trouvera finalement la lumière…
Ce film est le dernier volet d’une trilogie sur l’enfance. Il est aussi l’aboutissement d’une réflexion sur l’ombre et la lumière, les peurs liées à l’enfance, la différence, la solitude et la difficulté de devenir adulte.

Réalisé sur tablette tactile, ce court-métrage emprunte au cinéma fantastique et à l’expressionnisme pour donner une forme à la fois sensible et métaphorique aux peurs de l’enfance.

Troisième trimestre : premier film au choix

Petit paysan

De Hubert Charuel
France – 2017 – 1h30

Présentation du film

Pierre, la trentaine, est éleveur de vaches laitières. Sa vie s’organise autour de sa ferme, sa sœur vétérinaire et ses parents dont il a repris l’exploitation. Alors que les premiers cas d’une épidémie se déclarent en France, Pierre découvre que l’une de ses bêtes est infectée. Il ne peut se résoudre à perdre ses vaches. Il n’a rien d’autre et ira jusqu’au bout pour les sauver.

Un monde étouffant où chacun vit sous le regard des autres, sous la pression des contrôles sanitaires, des classements officiels où il faut être le premier pour espérer garder la tête hors de l’eau. Intensifié par la rigueur des travellings, par une musique entêtante dérivée des bruits de la ferme, le sentiment d’oppression qui se diffuse nous touche aussi parce qu’il concerne chacun. La ruralité dépeinte par Hubert Charuel n’est pas, en effet, coupée de la marche du monde. Tout au contraire, elle apparaît branchée sur son environnement, sur la pulsation d’une société néolibérale dont elle n’est, finalement, qu’un des multiples visages.
Qu’ils soient flics, paysans, vétérinaires, chasseurs, barmen, ou boulangère (toujours épatante India Hair), les personnages sont cadrés, comme pour résister à la violence aveugle qui s’abat, avec une grande douceur. De plain-pied dans leur époque – comme l’est la bande originale du film, entre électro ciselée et R’n’B –, ce sont les héros ordinaires d’une tragédie de notre temps.

Isabelle Régnier, Le Monde

Journée de formation

Date : jeudi 16 janvier au Café des Images le matin et à l’ESAM l’après-midi
Intervenante : Suzanne de Lacotte, médiatrice culturelle et conférencière en esthétique du cinéma.

Ressources

CNC : dossier enseignant
Eduscol : dossier enseignant
Fondation Gan : vidéo de présentation du film par le réalisateur

Troisième trimestre : deuxième film au choix

Midnight Special

De Jeff Nichols
Etats-Unis – 2016 – 1h51

Présentation du film

Fuyant d’abord des fanatiques religieux et des forces de police, Roy, père de famille et son fils Alton, se retrouvent bientôt les proies d’une chasse à l’homme à travers tout le pays, mobilisant même les plus hautes instances du gouvernement fédéral. En fin de compte, le père risque tout pour sauver son fils et lui permettre d’accomplir son destin. Un destin qui pourrait bien changer le monde pour toujours.

Le film s’enracine dans l’Amérique des sectes, des cultes millénaristes aux adeptes prêts à mourir et à tuer pour ce qu’ils croient. Pas le temps, pourtant, d’agiter à leur égard la sonnette du charlatanisme : immédiatement en mouvement, Midnight Special est pris dans la cinétique d’un pur chase movie aux relents 80’s (sublime scène où la Chevrolet fuse phares éteints dans la nuit texane, sous la main experte d’un pilote coiffé de lunettes infrarouges), où la vacillation du vrai et du faux reste en hibernation jusqu’à un épilogue qui la voit soudain éclater façon Rencontres du troisième type.C’est au fond à ça que sert l’odeur insidieusement fanatisée et mystique de Midnight Special : remettre au cœur de la fiction la question de la croyance, en nous transmettant l’expérience d’une foi vis-à-vis de laquelle Take Shelter avait conservé une distance prudente, un nuage d’ambiguïté. Ainsi nous est-il offert de partager la ferveur ingénue de ces personnages auxquels le film révèle les visions naïves d’un monde “au-delà du réel
Théo Ribeton, Les Inrockuptibles

Journée de formation

Date : jeudi 13 février au Café des Images le matin et à l’ESAM l’après-midi
Intervenante : Mélanie Boissonneau, enseignante-chercheuse en esthétique du cinéma à l’Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle

Ressources

CNC : dossier enseignant
Entrée libre : présentation vidéo du film
Bande à part : texte d’entretien avec le réalisateur

Agenda Programme complet