Programmation 2018/2019

Premier trimestre

Psychose

De Alfred Hitchcock
Etats-Unis – 1960 – 1h49

Présentation du film

Phoenix, Arizona. Marion Crane, une employée modèle, vole 40 000 dollars à son patron pour permettre à son amant, Sam Loomis, d’éponger ses dettes. Elle s’enfuit en voiture dans l’intention de le rejoindre. Sur le chemin, elle descend dans un motel isolé, où l’accueille le jeune et timide patron, Norman Bates. Alors que Marion prend une douche, une silhouette armée d’un couteau s’approche d’elle et l’agresse. Alerté de sa disparition par la sœur de Marion, Sam décide de mener l’enquête.

Même après cent rediffusions, les coups de couteau dans le rideau de douche, dramatique rupture de ton, surprennent toujours. D’un délit mineur au meurtre et à la folie, le réel devient perméable au monstrueux. Hitchcock expliquait à François Truffaut : « Je dirigeais le public, je jouais du public comme d’un orgue. » Sous ses doigts, la partition du film suit, crescendo, l’angoisse du spectateur. Elément central de cette danse macabre, celui-ci se trouve condamné à jouer le double jeu du témoin, complice et victime. La maison Bates recèle un secret d’autant plus redoutable qu’il devient le nôtre. Le génie de Hitchcock est d’avoir fait de Psychose le chef-d’oeuvre de ses spectateurs.
Cécile Mury, Télérama

Journée de formation

Intervenant : Francisco Ferreira, maître de conférence en esthétique du cinéma à l’Université de Poitiers
Date : mercredi 17 octobre 2018 au Café des Images en matinée et à l’ESAM de Caen l’après-midi.

Ressources

Blow up : Hitchcock en 8 mn
France Inter : entretien radiophonique entre Hitchcock et Truffaut sur Psychose (13 mn)
Cinema Cinemas : entretien télévisé d’Hitchcock sur Psychose (3 mn)
Screenprism : analyse vidéo de la symbolique des oiseaux dans Psychose (3 mn – en anglais)

Deuxième trimestre

Oss 117, Le Caire nid d’espions

De Michel Hazanavicius
France – 2006 – 1h39

Présentation du film

Égypte, 1955, le Caire est un véritable nid d’espions.
Tout le monde se méfie de tout le monde, tout le monde complote contre tout le monde : Anglais, Français, Soviétiques, la famille du Roi déchu Farouk qui veut retrouver son trône, les Aigles de Kheops, secte religieuse qui veut prendre le pouvoir. Le Président de la République Française, Monsieur René Coty, envoie son arme maîtresse mettre de l’ordre dans cette pétaudière au bord du chaos : Hubert Bonisseur de la Bath, dit OSS 117.

Ancré dans le contexte historique des années 1950 mais aussi dans l’inconscient collectif du début du XXIe siècle, le personnage remercie les autochtones en leur distribuant des portraits du président René Coty. Avec un art consommé de l’imitation, et une dextérité du contre-pied directement issue d’une pratique intensive du dialogue et de la réplique télévisuelle, Jean Dujardin leur donne une tournure particulièrement cocasse. Le film multiplie les références aux anciens OSS 117 bien sûr, mais plus généralement aux films d’espionnage des années 1950, à Hitchcock ainsi qu’à James Bond. Bondissant constamment d’un niveau de distanciation à un autre, le film se renouvelle en déjouant habilement les attentes du spectateur. Toute sa réussite tient à la manière dont son sujet et le traitement qui en est fait permettent d’exploiter les situations comiques jusqu’à la corde sans jamais les user. C’est le secret des grandes comédies.
Isabelle Régnier, Le Monde

Journée de formation

Intervenante : Barbara Laborde, maîtresse de conférences en cinéma-audiovisuel à l’Université Paris 3
Date : non définie

Ressources

Academia : analyse de la réception du film par Laurent Jullier.
Mise au point : analyse de la représentation de la masculinité dans les comédies francaises, le cas Jean Dujardin, par Delphine Chedaleux.
Forum des Images : Dujardin forever, conférence vidéo de Carole Desbarats.

Troisième trimestre : court-métrage en avant-programme

Ouature

Paatrice Marchand
France – 2010 – 5 mn

Présentation du film

Une petite voiture, dessinée à la craie sur la chaussée, évolue dans une course folle. Ce film expérimental, réalisé en pixilation, s’inscrit dans la tradition des fantaisies d’Emile Cohl pour investir de manière ludique l’espace urbain.

Ce film a été soutenu par le Conseil régional de Normandie, en partenariat avec le CNC et en collaboration avec l’agence Normandie Image. Sa projection donnera lieu à des ateliers de pixilation animés par le réalisateur.

 

Troisième trimestre : premier film au choix

Rêves d’or

De Diego Quemada-Diez
Mexique – 2013 – 1h53

Présentation du film

Originaires du Guatemala, Juan, Sara et Samuel aspirent à une vie meilleure et tentent de se rendre aux États-Unis. Pendant leur périple à travers le Mexique, ils rencontrent Chauk, un indien du Chiapas ne parlant pas l’espagnol et qui se joint à eux.Mais, lors de leur voyage dans des trains de marchandises ou le long des voies de chemin de fer, ils devront affronter une dure et violente réalité.

On y suit trois adolescents qui, partis du Guatemala, espèrent aller jusqu’à Los Angeles, en marchant à n’en plus finir, en s’embarquant sur des trains de marchandises. Deux garçons et une fille auxquels on s’attache vite. Ils ne sont jamais les porte-parole d’une réalité économique, qui semble, d’ailleurs, les laisser indifférents, même si elle les jette sur les routes. C’est leur jeunesse qui est montrée, une légèreté qui les accompagne quand ils s’amusent à marcher sur les rails comme des équilibristes sur une corde. Le monde s’ouvre à eux et semble presque donner raison à leur projet : trouver, enfin, une vie de rêve. À cet élan magnifique, le réalisateur confronte une réalité dont la dureté s’affirme inexorablement. Au cœur de paysages écrasants, la solitude et la fragilité des adolescents sont toujours plus visibles. Ils entrent dans un parcours qui fait d’eux des clandestins. Des proies. Une condition inhumaine dont le film donne, peu à peu, toute la mesure. Avec une rigueur et une sensibilité si éclairantes qu’on a le sentiment de voir cela pour la première fois.
Frédéric Strauss, Télérama

Journée de formation

Intervenante : Julie Amiot-Gillouet, maîtresse de conférence en cinema ibérique et latino-américain à l’Université de la Sorbonne.
Date : non définie

Ressources

CNC : dossier Lycéens et apprentis au cinéma
Transmettre le cinéma : entretien avec le réalisateur et analyse de séquence
LAAC Auvergne/Rhône-Alpes : ressources pédagogiques (textes et vidéos).
Eduscol : fiche pédagogique

Troisième trimestre : deuxième film au choix

La Tortue rouge

De Michael Dudok de Wit
Belgique/France – 2016 – 1h21

Présentation du film

Un homme, rescapé d’un naufrage, se retrouve seul sur une île tropicale. Observé par les crabes et se nourrissant de fruits, l’homme apprivoise son environnement. La végétation de l’île lui permet bientôt de se construire un radeau. Mais ses multiples tentatives pour quitter le lieu sont empêchées par une force sous-marine qui s’en prend à son embarcation. L’homme découvre bientôt que l’animal qui a détruit son esquif est une tortue à la carapace rouge.

Sans qu’y soit ¬prononcé le moindre mot, cette robinsonnade se déploie miraculeusement en un récit palpitant, qui vous cloue à votre siège du début à la fin. Sur un mode quasi ¬épique, les rapports entre un homme rejeté sur une île déserte à l’issue d’un naufrage et la nature environnante, envisagée comme un personnage à part -entière, se voient dramatisés par les seules forces du dessin, des couleurs, du mouvement, de la musique… Et c’est très beau.
Isabelle Régnier, Le Monde.

Journée de formation

Intervenants : Xavier Kawa-Topor, spécialiste du cinéma d’animation, et Jean-Christophe Lie, directeur de l’animation de du film
Date : non définie

Ressources

Fondation GAN : entretien vidéo avec le réalisateur
Le Rayon vert : analyse du film

Agenda Programme complet