Programmation 2020/2021

Premier trimestre

Le Voyage de Chihiro

De Hayao Miyazaki
Japon – 2002 – 2h05

Présentation du film

Chihiro est une fillette de 10 ans, qui voyage en voiture avec ses parents, en route vers leur nouvelle maison. La famille traverse un immense tunnel et se retrouve dans un parc d’attractions désaffecté. L’atmosphère inquiétante tourne au cauchemar lorsque les parents de Chihiro, pour s’être nourris de victuailles, sont transformés en cochons. La petite fille va découvrir un univers fantastique peuplé de monstres, de fantômes et d’anciens dieux en villégiature dans une immense maison de bains régentée par la sorcière Yubaba.

Contrairement à ses films précédents, qui tendaient vers une forme artistique universelle, Le Voyage de Chihiro marque un ancrage volontaire dans un imaginaire purement nippon, une sorte de retour aux sources pour l’artiste, dont l’œuvre possède également une dimension politique de résistance à l’américanisation de son pays.Le réalisateur a ainsi puisé son inspiration dans le patrimoine littéraire de son pays. « On trouve dans la littérature japonaise des histoires de voyageurs victimes de sortilèges et qui se réveillent le lendemain matin transformés en animaux. Les personnages sortent de mon imagination, même si je me suis nourri des traditions et légendes pour les inventer. » D’une grande richesse onirique, le nous entraîne dans une prolifération de visions allégoriques mystérieuses et fascinantes.
Olivier Père, Les Inrocks

Ressources

Transmettre le cinéma : documents pédagogiques

Deuxième trimestre

L’Homme qui tua Liberty Valance

De John Ford
Etats-Unis – 1962 – 2h03

Présentation du film

Le célèbre sénateur Ransom Stoddad débarque incognito à Shinbone pour assister à l’enterrement d’un mystérieux inconnu : Tom Doniphon. Pressé par les journalistes locaux,, le sénateur revient avec émotion sur les événements qui firent sa carrière des années auparavant, lorsqu’il essaya de débarrasser la ville d’un dangereux bandit : Liberty Valance.

À l’aube des années soixante, alors que Sam Peckinpah et Sergio Leone préparent leurs armes, le maître du western classique, John Ford, célèbre ses soixante-huit ans en sonnant le glas du genre. Il réalise un western crépusculaire qui réunit deux des stars les plus importantes de l’époque – deux images possibles du héros : John Wayne, taciturne et implacable, et James Stewart, volubile et douloureux. L’un des deux est « l’homme qui tua Liberty Valance ». Le film s’ouvre sur le constat de la disparition de l’Ouest historique et en propose une relecture à la fois mélancolique et désabusée, tragique et drôle.
Loin des grands paysages, dans un décor de carton-pâte et sous un éclairage expressionniste réinventant le cinéma muet, un vertigineux enchâssement de flashbacks déconstruit la légende et interroge les rapports entre la violence et la loi, l’individu et la communauté, la tradition et le progrès. Intégralement placé sous le signe de la récri ture, non seulement des événements historiques et des grands récits cinématographiques qu’ils ont inspirés, mais aussi des films de Ford lui-même, ce pèlerinage dans l’espace et dans le temps, jusqu’au tombeau de la Frontière, représente avant tout une poignante leçon d’histoire(s).

Francisco Ferreira, Livret Lycéens et apprentis au cinéma

Ressources

Transmettre le cinéma : documents pédagogiques

Troisième trimestre : programme au choix

Copier-Cloner

De Louis Rigaud
France – 2009 – 4 mn

Présentation du film

Le film d’animation Copier-cloner propose une satire de la société de consommation, par l’analogie entre le fonctionnement d’un programme informatique et la production agricole intensive. Quand les possibilités de reproduction parfaite de l’ordinateur se déplacent dans le monde du vivant…

Petit paysan

De Hubert Charuel
France – 2017 – 1h30

Présentation du film

Pierre, la trentaine, est éleveur de vaches laitières. Sa vie s’organise autour de sa ferme, sa sœur vétérinaire et ses parents dont il a repris l’exploitation. Alors que les premiers cas d’une épidémie se déclarent en France, Pierre découvre que l’une de ses bêtes est infectée. Il ne peut se résoudre à perdre ses vaches. Il n’a rien d’autre et ira jusqu’au bout pour les sauver.

Un monde étouffant où chacun vit sous le regard des autres, sous la pression des contrôles sanitaires, des classements officiels où il faut être le premier pour espérer garder la tête hors de l’eau. Intensifié par la rigueur des travellings, par une musique entêtante dérivée des bruits de la ferme, le sentiment d’oppression qui se diffuse nous touche aussi parce qu’il concerne chacun. La ruralité dépeinte par Hubert Charuel n’est pas, en effet, coupée de la marche du monde. Tout au contraire, elle apparaît branchée sur son environnement, sur la pulsation d’une société néolibérale dont elle n’est, finalement, qu’un des multiples visages.
Qu’ils soient flics, paysans, vétérinaires, chasseurs, barmen, ou boulangère (toujours épatante India Hair), les personnages sont cadrés, comme pour résister à la violence aveugle qui s’abat, avec une grande douceur. De plain-pied dans leur époque – comme l’est la bande originale du film, entre électro ciselée et R’n’B –, ce sont les héros ordinaires d’une tragédie de notre temps.

Isabelle Régnier, Le Monde

Ressources

CNC : dossier enseignant
Eduscol : dossier enseignant
Fondation Gan : vidéo de présentation du film par le réalisateur

Troisième trimestre : programme au choix

Kali le petit vampire

De Regina Pessoa
France – 2012 – 9 mn

Présentation du film

Kali est un Vampire, il vit dans l’ombre. Il rêve d’avoir une place au soleil. Mais c’est dans le noir qu’il trouvera finalement la lumière…
Ce film est le dernier volet d’une trilogie sur l’enfance. Il est aussi l’aboutissement d’une réflexion sur l’ombre et la lumière, les peurs liées à l’enfance, la différence, la solitude et la difficulté de devenir adulte.

Réalisé sur tablette tactile, ce court-métrage emprunte au cinéma fantastique et à l’expressionnisme pour donner une forme à la fois sensible et métaphorique aux peurs de l’enfance.

Midnight Special

De Jeff Nichols
Etats-Unis – 2016 – 1h51

Présentation du film

Fuyant d’abord des fanatiques religieux et des forces de police, Roy, père de famille et son fils Alton, se retrouvent bientôt les proies d’une chasse à l’homme à travers tout le pays, mobilisant même les plus hautes instances du gouvernement fédéral. En fin de compte, le père risque tout pour sauver son fils et lui permettre d’accomplir son destin. Un destin qui pourrait bien changer le monde pour toujours.

Le film s’enracine dans l’Amérique des sectes, des cultes millénaristes aux adeptes prêts à mourir et à tuer pour ce qu’ils croient. Pas le temps, pourtant, d’agiter à leur égard la sonnette du charlatanisme : immédiatement en mouvement, Midnight Special est pris dans la cinétique d’un pur chase movie aux relents 80’s (sublime scène où la Chevrolet fuse phares éteints dans la nuit texane, sous la main experte d’un pilote coiffé de lunettes infrarouges), où la vacillation du vrai et du faux reste en hibernation jusqu’à un épilogue qui la voit soudain éclater façon Rencontres du troisième type.C’est au fond à ça que sert l’odeur insidieusement fanatisée et mystique de Midnight Special : remettre au cœur de la fiction la question de la croyance, en nous transmettant l’expérience d’une foi vis-à-vis de laquelle Take Shelter avait conservé une distance prudente, un nuage d’ambiguïté. Ainsi nous est-il offert de partager la ferveur ingénue de ces personnages auxquels le film révèle les visions naïves d’un monde “au-delà du réel
Théo Ribeton, Les Inrockuptibles

Ressources

CNC : dossier enseignant
Entrée libre : présentation vidéo du film
Bande à part : texte d’entretien avec le réalisateur

Agenda Programme complet