Programmation 2021/2022

Premier trimestre

Le Voyage de Chihiro

De Hayao Miyazaki
Japon – 2002 – 2h05

Présentation du film

Chihiro est une fillette de 10 ans, qui voyage en voiture avec ses parents, en route vers leur nouvelle maison. La famille traverse un immense tunnel et se retrouve dans un parc d’attractions désaffecté. L’atmosphère inquiétante tourne au cauchemar lorsque les parents de Chihiro, pour s’être nourris de victuailles, sont transformés en cochons. La petite fille va découvrir un univers fantastique peuplé de monstres, de fantômes et d’anciens dieux en villégiature dans une immense maison de bains régentée par la sorcière Yubaba.

Contrairement à ses films précédents, qui tendaient vers une forme artistique universelle, Le Voyage de Chihiro marque un ancrage volontaire dans un imaginaire purement nippon, une sorte de retour aux sources pour l’artiste, dont l’œuvre possède également une dimension politique de résistance à l’américanisation de son pays.Le réalisateur a ainsi puisé son inspiration dans le patrimoine littéraire de son pays. « On trouve dans la littérature japonaise des histoires de voyageurs victimes de sortilèges et qui se réveillent le lendemain matin transformés en animaux. Les personnages sortent de mon imagination, même si je me suis nourri des traditions et légendes pour les inventer. » D’une grande richesse onirique, le nous entraîne dans une prolifération de visions allégoriques mystérieuses et fascinantes.
Olivier Père, Les Inrocks

Ressources

CNC : livret enseignant
Transmettre le cinéma : vidéos d’analyse
LAAC Auvergne Rhone-Alpes : Myazaki et les métamorphoses par Claire Avit

Deuxième trimestre au choix

L’Homme qui tua Liberty Valance

De John Ford
Etats-Unis – 1962 – 2h03

Présentation du film

Le célèbre sénateur Ransom Stoddad débarque incognito à Shinbone pour assister à l’enterrement d’un mystérieux inconnu : Tom Doniphon. Pressé par les journalistes locaux,, le sénateur revient avec émotion sur les événements qui firent sa carrière des années auparavant, lorsqu’il essaya de débarrasser la ville d’un dangereux bandit : Liberty Valance.

À l’aube des années soixante, alors que Sam Peckinpah et Sergio Leone préparent leurs armes, le maître du western classique, John Ford, célèbre ses soixante-huit ans en sonnant le glas du genre. Il réalise un western crépusculaire qui réunit deux des stars les plus importantes de l’époque – deux images possibles du héros : John Wayne, taciturne et implacable, et James Stewart, volubile et douloureux. L’un des deux est « l’homme qui tua Liberty Valance ». Le film s’ouvre sur le constat de la disparition de l’Ouest historique et en propose une relecture à la fois mélancolique et désabusée, tragique et drôle.
Loin des grands paysages, dans un décor de carton-pâte et sous un éclairage expressionniste réinventant le cinéma muet, un vertigineux enchâssement de flashbacks déconstruit la légende et interroge les rapports entre la violence et la loi, l’individu et la communauté, la tradition et le progrès. Intégralement placé sous le signe de la récri ture, non seulement des événements historiques et des grands récits cinématographiques qu’ils ont inspirés, mais aussi des films de Ford lui-même, ce pèlerinage dans l’espace et dans le temps, jusqu’au tombeau de la Frontière, représente avant tout une poignante leçon d’histoire(s).

Francisco Ferreira, Dossier Lycéens et apprentis au cinéma

Ressources

Transmettre le cinéma : documents pédagogiques
LACN : conférence de Youri Deschamps sur l’esthétique du film dans le cadre de la formation des enseignants.

Deuxième trimestre au choix

La Leçon de piano

De Jane Campion
Nouvelle-Zélande – 1993 – 2h

Présentation du film

Ada, mère d’une fillette de neuf ans, s’apprête à partager la vie d’un inconnu, au fin fond du bush néo-zélandais. Son nouveau mari accepte de transporter toutes ses possessions, à l’exception de la plus précieuse : un piano, qui échoue chez un voisin illettré. Ne pouvant se résigner à cette perte, Ada accepte le marché que lui propose ce dernier : regagner le piano, touche par touche en se soumettant à ses fantaisies…

Grande amatrice de littérature romanesque et gothique, marquée notamment par les oeuvres des soeurs Brontë, Jane Campion transpose ce genre typiquement anglais dans les contrées sauvages et mystérieuses de la Nouvelle-Zélande. La scénariste-réalisatrice joue brillamment avec les codes du classicisme pour raconter l’histoire d’un triangle amoureux à haute tension érotique, magnifiquement incarné par Holly Hunter et Harvey Keitl. Comme toujours chez Campion, l’histoire est envisagée à travers le prisme féminin : le personnage d’Ada est une femme forte et affirmée, prête à affronter toutes les batailles pour récupérer son piano, son unique moyen de communication avec sa fille Flora. Jane Campion signe là une œuvre charnelle autour de personnages tiraillés culture puritaine et leurs pulsions. Avec ses paysages ensorcelants et sa musique enivrante, La Leçon de piano est une peinture aussi délicate que brûlante de la passion amoureuse.
France Musique

Ressources

CNC : livret enseignant
Transmettre le cinéma : vidéos d’analyse du film

Troisième trimestre au choix

J’ai perdu mon corps

De Jérémy Clapin
France – 2019 – 1h20

Présentation du film

A Paris, Naoufel tombe amoureux de Gabrielle. Un peu plus loin dans la ville, une main coupée s’échappe d’un labo, bien décidée à retrouver son corps. S’engage alors une cavale vertigineuse semée d’embûches, entre passé et présent, afin de retrouver le fil d’une histoire brisée.

J’ai perdu mon corps opère un collage et une greffe entre plusieurs genres et courants cinématographiques la plupart du temps dissociés dans le cinéma d’animation, souvent partagé entre la fable fantastique et un registre plus réaliste. En effet, les deux univers visuels et narratifs réunis ici sont a priori très éloignés l’un de l’autre : d’un côté la rencontre amoureuse dans un milieu urbain réaliste, bien que discrètement stylisé et poétisé, et de l’autre l’odyssée fantastique d’une main coupée. Chacune de ces approches s’éclairent l’une l’autre et se complètent dans l’écriture d’un même mouvement d’apprentissage. Ce mélange illustre parfaitement la capacité de ce récit initiatique à ouvrir certains horizons formels et narratifs et à puiser dans le cinéma de genre une force d’expression métaphorique.
Amélie Dubois, Dossier Lycéens et apprentis au cinéma

Avant-Programme : 13 figures de Sarah Beauchesne

De Véronique Aubouy
France – 1993 – 4 mn
Ce court-métrage montre une contorsionniste évoluant sur une table telle une sculpture vivante en 13 poses évocatrices. Le film propose ainsi une métaphore du travail artistique comme déformation de la réalité par la vision de l’artiste.

Ressources

CNC : livret enseignant
Transmettre le cinéma : vidéos d’analyse et entretien avec le réalisateur

Troisième trimestre au choix

The Host

De Bong Joon-ho
Corée du Sud – 2006 – 2h

Présentation du film

A Séoul, au bord du fleuve Han, les Park tiennent un petit snack qui permet à Hie-bong, le patriarche, de subvenir aux besoins de sa famille : Kang-du, son fils aîné lymphatique, Nam-joo, sa fille championne malheureuse de tir à l’arc, Nam-il, son fils cadet au chômage, et Hyun-seo, l’adorable fille de Kang-du. Leur quiétude est brusquement balayée le jour où un monstre aquatique, fruit de la pollution des eaux par l’armée américaine, surgit de la rivière et détruit tout sur son passage.

La richesse et l’originalité de The Host repose avant tout sur le mélange des genres mené de manière virtuose par Bong Joon-ho. C’est un film fantastique déjouant les conventions habituelles du film de monstre ; une comédie tournant en dérision chaque situation jusqu’au grotesque ; un pamphlet politique rageur contre les Etats-Unis, et plus profondément contre l’État ; un mélodrame primitif empruntant à la mythologie, à la fable et au conte de fées. Comme son monstre fait de bric et de broc, comme la famille Park brinquebalante, The Host est une œuvre hybride et imprévisible. Par son mélange singulier des émotions, ses différentes strates satiriques, son attention aiguë au conte moral, The Host allie de manière sidérante le sens du spectacle et la puissance allégorique.
Stéphane Delorme, Dossier Lycéens et apprentis au cinéma

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CNC : livret enseignant

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